Aidants familiaux : prendre soin de sa santé quand on prend soin des autres
Publié le 16 octobre 2026
« Je commence mes journées à 5 h 30. Je prépare les médicaments de ma mère avant de partir travailler. À midi, je passe vérifier qu’elle a bien déjeuné. Le soir, je gère les rendez-vous médicaux, les démarches administratives et les courses. Je suis adjointe administrative à la Ville de Paris… mais lorsque je rentre chez moi, une seconde journée commence. »
Comme des millions de Français, Sophie est une aidante familiale. Sans toujours en avoir conscience, elle accompagne au quotidien un proche âgé, malade ou en situation de handicap, tout en exerçant une activité professionnelle à temps plein.
Son histoire est loin d’être isolée. Pour de nombreux agents publics, concilier vie professionnelle et accompagnement d’un proche représente un défi quotidien. Une responsabilité souvent assumée avec dévouement, mais qui peut aussi avoir des conséquences sur la santé et le bien-être.
Être aidant, un rôle essentiel qui peut peser sur la santé
En France, 9 à 11 millions de personnes accompagnent régulièrement un proche dépendant. Parmi elles, 61 % exercent une activité professionnelle et près d’un aidant sur trois se sent isolé.
Le vieillissement de la population, le développement des maladies chroniques et le maintien à domicile des personnes en perte d’autonomie renforcent les besoins d’accompagnement. Pourtant, les aidants restent encore trop peu visibles.
Beaucoup ne se reconnaissent pas dans ce terme. Ils se considèrent avant tout comme des conjoints, des enfants, des parents, des frères ou des sœurs qui aident naturellement un proche : accompagner à un rendez-vous médical, organiser les traitements, effectuer des démarches administratives, préparer les repas ou simplement être présents.
Ces gestes du quotidien peuvent pourtant représenter plusieurs dizaines d’heures chaque semaine. Derrière ces attentions se cache parfois une charge importante, difficile à concilier avec les autres responsabilités de la vie.
Quand prendre soin de l’autre fragilise sa propre santé
Accompagner un proche est souvent une démarche d’amour, de solidarité et d’engagement. Mais lorsque cette responsabilité s’ajoute aux obligations professionnelles et personnelles, elle peut devenir difficile à assumer.
Selon les chiffres cités dans les publications de référence sur les aidants, 48 % d’entre eux déclarent que leur rôle a des répercussions sur leur santé.
Fatigue persistante, troubles du sommeil, stress, anxiété ou difficultés à préserver du temps pour soi : les conséquences peuvent être multiples. Faute de temps ou de solutions de répit, certains aidants délaissent leurs loisirs, réduisent leurs activités sociales ou reportent leurs propres rendez-vous médicaux.
Lorsque la charge devient trop importante et que le repos ne suffit plus à récupérer, le risque d’épuisement augmente. Cette situation, parfois qualifiée de « burn-out de l’aidant », peut mettre en danger la santé physique et psychologique de la personne qui accompagne.
Prendre soin de soi n’est pas secondaire : c’est aussi une condition pour pouvoir continuer à prendre soin de son proche.
Agents publics aidants : concilier travail et accompagnement d’un proche
Pour les agents de la fonction publique hospitalière, territoriale ou d’État, le rôle d’aidant peut s’ajouter à des conditions de travail exigeantes : horaires décalés, responsabilités importantes ou forte charge émotionnelle.
Cette double responsabilité fragilise parfois l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Fatigue accumulée, difficultés de concentration, absences, congés reportés ou renoncement à une formation peuvent en être les conséquences.
Ces difficultés ne concernent pas uniquement la sphère privée. Elles peuvent également affecter les équipes, l’organisation du travail et la qualité du service rendu aux usagers.
Mieux reconnaître la situation des agents aidants constitue ainsi un enjeu de santé au travail et de qualité de vie et des conditions de travail (QVCT).
Prendre soin de soi aussi : pourquoi et comment se faire aider ?
Lorsqu’on accompagne un proche au quotidien, il n’est pas toujours facile de reconnaître ses propres limites. Le manque de temps, le sentiment de responsabilité ou la volonté de tout gérer soi-même peuvent conduire à repousser le moment de demander de l’aide.
Pourtant, être accompagné ne signifie pas renoncer à son rôle d’aidant. C’est au contraire une manière de préserver son équilibre, de mieux comprendre ses droits et de trouver des solutions adaptées à sa situation.
Informer, orienter et accompagner les proches aidants permet de mieux préserver leur santé physique et psychologique. Cela contribue également à limiter l’isolement, à prévenir les situations d’épuisement et à faciliter l’accès aux soins et aux dispositifs de soutien.
Encore faut-il connaître les ressources disponibles et savoir vers qui se tourner : informations sur les aides existantes, accompagnement dans les démarches administratives, solutions de répit ou soutien personnalisé peuvent constituer des relais précieux.
C’est dans cette perspective que la Mutuelle Complémentaire développe des actions de prévention et de soutien à destination de ses adhérents.
La Mutuelle Complémentaire aux côtés des aidants
Parce que la santé des aidants concerne directement de nombreux agents publics et leurs familles, la Mutuelle Complémentaire en a fait l’un de ses axes prioritaires de prévention.
Son objectif : mieux informer, faciliter l’accès aux ressources utiles et contribuer à faire reconnaître le rôle essentiel des personnes qui accompagnent un proche. Cet engagement se traduit par des outils pratiques, des solutions d’accompagnement et des actions de sensibilisation.
Une brochure pratique pour mieux comprendre son rôle d’aidant
La Mutuelle Complémentaire a conçu une brochure consacrée à la santé des aidants familiaux.
Ce document rassemble des informations pratiques, des conseils pour prévenir l’épuisement, des repères sur les principaux droits des aidants, ainsi que des ressources et des contacts utiles pour être accompagné dans ses démarches.
L’objectif est de proposer un support accessible, concret et facile à consulter pour mieux comprendre sa situation et identifier les solutions disponibles.
📖 Téléchargez dès maintenant la version digitale de cette brochure ci-dessous.
ALLIZ : un accompagnement personnalisé pour les adhérents
Les adhérents de la Mutuelle bénéficient également d’un accès à la plateforme ALLIZ, un service d’accompagnement qui permet d’être orienté vers des dispositifs adaptés à sa situation.
Informations sur les aides disponibles, accompagnement dans certaines démarches administratives, recherche de solutions de répit ou soutien personnalisé : cette plateforme constitue un relais pour les aidants qui ont besoin d’être conseillés et accompagnés.
Parce que chaque situation est différente, l’accompagnement vise à tenir compte des besoins propres à chaque personne.
📖 Renseignez-vous dès maintenant sur ce service en cliquant sur le bouton ci-dessous.
Sensibiliser les agents publics pour mieux soutenir les aidants
Tout au long de l’année, la Mutuelle Complémentaire mène également des actions de sensibilisation auprès des agents publics et de ses adhérents.
Campagnes d’information, contenus pédagogiques, interventions sur le terrain et participation à des événements dédiés contribuent à mieux faire connaître la réalité des aidants et les ressources à leur disposition.
Parler du rôle d’aidant, c’est déjà contribuer à le faire reconnaître et à rompre l’isolement.
Des actions de solidarité concrètes
L’engagement de la Mutuelle Complémentaire ne se limite pas à l’information et à la prévention. Il se traduit également par des initiatives concrètes en faveur des personnes concernées et des associations qui les accompagnent.
Dans le cadre du projet Kiplin, un challenge connecté d’activité physique organisé auprès de ses collaborateurs, la Mutuelle Complémentaire a mobilisé un don de 5 000 € au profit de l’Association des Aidants de la Maladie à Corps de Lewy (A2MCL). Cette initiative témoigne de sa volonté de soutenir les associations qui accompagnent au quotidien les aidants et les familles confrontées à cette maladie neurodégénérative encore trop méconnue.
Mieux accompagner les aidants : une responsabilité collective
Dans les années à venir, les besoins d’accompagnement devraient continuer à occuper une place importante dans notre société. La reconnaissance et le soutien des aidants nécessitent donc une mobilisation collective des employeurs, des institutions, des professionnels de santé, des associations et des organismes de complémentaire santé.
Parce qu’ils prennent soin des autres chaque jour, les aidants ont eux aussi besoin d’être accompagnés.
Préserver leur santé, reconnaître leur engagement et leur donner accès à des solutions concrètes contribue à leur bien-être, mais aussi à la solidarité entre les générations et à la cohésion collective.
À la Mutuelle Complémentaire, nous sommes convaincus qu’une politique de prévention doit aussi prendre soin de celles et ceux qui prennent soin des autres.
Vous accompagnez régulièrement un proche ? N’hésitez pas à vous informer sur les ressources et les solutions d’accompagnement proposées par la Mutuelle Complémentaire pour vous aider dans votre rôle d’aidant.
Sources :
DREES ; Handicap.gouv ; Association Française des Aidants ; OCIRP ; France Répit ; HAS
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