Prévention santé

Cancer & Activité physique : Bouger aujourd’hui pour préserver sa santé de demain


Publié le 9 septembre 2026

Bouger aujourd’hui, c’est aussi agir pour sa santé de demain. Tout le mois de septembre, une mobilisation nationale est lancée : « Septembre Bouge ». L’objectif ? Inviter les Français à remettre l’activité physique au cœur de leur quotidien.

C’est alors l’occasion de rappeler un élément souvent sous-estimé : l’activité physique ne sert pas uniquement à entretenir sa condition physique ou à contrôler son poids. Les recherches scientifiques montrent qu’elle constitue un véritable levier de prévention pour de nombreuses maladies chroniques, dont certains cancers.

L’activité physique régulière agit sur plusieurs mécanismes biologiques impliqués dans le développement de certaines maladies. C’est pourquoi les autorités sanitaires, comme l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la considèrent aujourd’hui comme l’un des piliers de la prévention, au même titre qu’une alimentation équilibrée, l’arrêt du tabac ou la limitation de la consommation d’alcool.

Les recommandations de l’OMS pour la population adulte sont les suivantes :

  • Entre 150 et 300 minutes (soit 2 h 30 à 5 h) d’activité physique d’intensité modérée par semaine ;
  • Entre 75 et 150 minutes (soit 1 h 15 à 2 h 30) d’activité physique d’intensité soutenue par semaine, auxquelles s’ajoutent des exercices de renforcement musculaire au moins deux jours par semaine.

Chez les enfants et les adolescents, les recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS) sont les suivantes :

  • Au moins 60 minutes d’activité physique par jour.

Ces recommandations ne concernent pas uniquement les sports de haut niveau ou de haute intensité : marcher rapidement, faire du vélo, jardiner ou monter les escaliers contribuent également à atteindre ces objectifs. Pour rappel, l’OMS indique qu’un peu d’activité physique est toujours préférable à aucune, et que chaque mouvement compte.

Il a été démontré que l’activité physique régulière réduit notamment le risque de :

  • maladies cardiovasculaires ;
  • diabète de type 2 ;
  • hypertension artérielle.

Elle contribue également à améliorer la santé mentale et le sommeil, tout en participant au maintien de l’autonomie. De plus, elle participe à la prévention de plusieurs cancers.

Les données scientifiques montrent que l’activité physique régulière joue un rôle important dans la prévention de plusieurs cancers, notamment ceux du côlon, du sein et de l’endomètre. Elle est également associée à une diminution du risque pour d’autres types de cancers, comme ceux du rein, du poumon, de la vessie et de l’œsophage, avec une réduction estimée entre 12 et 25 % selon les cancers (soit environ 18 % en moyenne).

Ces effets protecteurs s’expliquent par plusieurs mécanismes :

  • la prévention du surpoids et de l’obésité, facteurs de risque majeurs et reconnus de plusieurs cancers (sein, endomètre, côlon, œsophage) ;
  • la régulation des hormones et des facteurs de croissance impliqués dans le développement tumoral ;
  • le renforcement du système immunitaire, qui favorise les défenses naturelles de l’organisme ;
  • l’amélioration du transit intestinal, limitant l’exposition de la muqueuse digestive à certains composés cancérigènes.

À l’inverse, les comportements sédentaires sont associés à une augmentation du risque de certains cancers, notamment du côlon et de l’endomètre. L’OMS qualifie ainsi le manque d’activité physique de facteur de risque modifiable de cancer, aux côtés du tabac, de l’alcool, d’une alimentation déséquilibrée ou du surpoids.

L’exercice contribue à diminuer l’inflammation chronique de faible intensité, qui est reconnue comme un terrain propice au développement de nombreuses maladies chroniques, dont certains cancers.

L’activité physique améliore la sensibilité à l’insuline et participe à une meilleure régulation de la glycémie. En effet, des taux élevés d’insuline sur le long terme sont associés à un risque accru de certaines pathologies, telles que les cancers.

Bouger régulièrement aide à limiter l’excès de masse grasse. Le tissu adipeux ne constitue pas uniquement une réserve énergétique : il produit aussi des molécules inflammatoires et des hormones pouvant favoriser certains cancers lorsqu’elles sont présentes en excès, notamment après la ménopause.

La pratique d’un exercice stimule les fonctions immunitaires et participe au maintien d’une bonne masse musculaire. Or, le muscle joue en effet un rôle essentiel dans l’équilibre métabolique général de l’organisme.

Pendant et après les traitements, continuer à bouger reste important

Les bénéfices de l’activité physique ne se limitent pas uniquement la prévention. Chez les personnes atteintes d’un cancer, l’activité physique adaptée (APA) est désormais intégrée dans de nombreux parcours de soins.

Plusieurs études montrent d’ailleurs qu’elle permet de :

  • Diminuer la fatigue liée aux traitements ;
  • Améliorer la qualité de vie ;
  • Préserver la force musculaire et les capacités physiques, tout en réduisant les symptômes d’anxiété et de dépression.
Chaque pas compte

Il n’est pas nécessaire de devenir marathonien ou sportif professionnel pour bénéficier des effets protecteurs de l’activité physique. Ces bénéfices apparaissent progressivement dès qu’on réduit sa sédentarité et qu’on augmente son niveau d’activité physique.


Quelques conseils pratiques :

  • Marcher davantage au quotidien (descendre une station plus tôt, se garer un peu plus loin, etc.) ;
  • Privilégier les escaliers aux ascenseurs et les déplacements actifs (marche, vélo, etc.) pour certains trajets courts et adaptés ;
  • Faire des pauses actives (se lever régulièrement, s’étirer, rester debout pendant les appels téléphoniques, etc.) ;
  • Faire une pause toutes les heures lorsque l’on travaille assis ;
  • Planifier les moments d’activité physique dans l’organisation de la semaine ;
  • Pratiquer une activité que l’on apprécie, pour favoriser la régularité sur le long terme ;
  • Augmenter progressivement le niveau d’activité (quelques minutes supplémentaires de marche, quelques kilomètres en plus à vélo, etc.).

À l’occasion du « Septembre Bouge », l’objectif n’est donc pas de viser la performance, mais d’adopter une habitude durable !

En prévention, ce sont souvent les petits gestes répétés chaque jour qui produisent les plus grands bénéfices à long terme.


Sources :

Ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées; INCa ; OMS ; OMS; Ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative; JNCI; NIH. WCRF; Ovid; OMS; OMS

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