Juin Vert : Agir contre le cancer du col de l’utérus, un enjeu de santé publique
Publié le 4 juin 2026
Juin Vert, c’est quoi ?
Lancé en 2010 par l’Institut National du Cancer (INCa), Juin Vert est un mois entier dédié à la sensibilisation et à la prévention du cancer du col de l’utérus. Chaque année en juin, cette campagne nationale mobilise l’ensemble des acteurs de santé (Agences Régionales de Santé, caisses d’assurance maladie, établissements de soins, associations et professionnels de santé) autour d’un message simple : ce cancer est évitable.
Chaque année en France, plus de 3 100 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués et 1 100 femmes en décèdent. Ces chiffres sont d’autant plus importants qu’il existe aujourd’hui deux outils efficaces pour prévenir cette maladie :
- La vaccination
- Le dépistage
La campagne de Juin Vert est donc le moment idéal pour en parler, s’en emparer, ou bien encourager celles et ceux qui nous entourent à le faire.
Pour les agents publics, en contact permanent avec la population, ce mois de mobilisation est aussi une opportunité professionnelle : si on est mieux informé, on est mieux armé pour orienter, rassurer et accompagner les usagers et patients dans leur démarche de prévention.
Le cancer du col de l’utérus et le HPV : quels liens ?
Derrière la quasi-totalité des cancers du col de l’utérus se trouve un même responsable : le papillomavirus humain (HPV). L’infection par le HPV est très courante : 80 % des adultes y sont exposés au cours de leur vie. Dans la plupart des cas, elle disparaît spontanément sans conséquences. Mais lorsqu’elle persiste, les effets peuvent être graves.
Quand le HPV s’installe durablement au niveau du col de l’utérus, il peut provoquer des lésions précancéreuses susceptibles d’évoluer vers un cancer, en moyenne 10 à 20 ans après l’infection. Ce délai long est à la fois une menace car la maladie progresse en silence, mais également une opportunité : il laisse le temps d’intervenir, à condition de se faire dépister régulièrement.
Le HPV ne touche pas que les femmes. Il est également impliqué dans des cancers ORL (gorge, bouche), du pénis et de l’anus. Les hommes peuvent transmettre le virus sans le savoir. C’est pourquoi il est essentiel que la prévention s’adresse à toutes et à tous, dès l’adolescence.
Juin Vert : le dépistage
Le cœur du message de Juin Vert, c’est le dépistage. Un dépistage régulier de toute la population cible permettrait une réduction de 90 % du nombre de nouveaux cas de cancer du col de l’utérus. Cependant, le taux national de participation au dépistage organisé n’est que de 59,5 %, loin de l’objectif de 80 % fixé par les autorités sanitaires.
Le dépistage concerne toutes les femmes de 25 à 65 ans, vaccinées ou non, et repose sur un test réalisé par un professionnel de santé : médecin généraliste, gynécologue, sage-femme, mais aussi en laboratoire de biologie médicale, centre de santé, centre d’examens de l’Assurance Maladie, ou encore auprès d’associations accompagnant les populations les plus éloignées du soin.
Les recommandations actuelles sont :
- Entre 25 et 29 ans : deux frottis cytologiques à un an d’intervalle, puis tous les 3 ans si les résultats sont normaux.
- Entre 30 et 65 ans : un test HPV-HR (détection des HPV à Haut Risque), réalisé 3 ans après le dernier examen normal, puis tous les 5 ans.
Ce suivi régulier permet de repérer des anomalies avant qu’un cancer ne se développe et de les traiter. Le dépistage est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour les femmes éligibles.
Nouveauté importante : l’auto-prélèvement HPV est désormais disponible. C’est un test que les femmes peuvent effectuer elles-mêmes à domicile, principalement destiné à celles éloignées du parcours médical habituel.
La vaccination : le bouclier
Juin Vert, c’est aussi l’occasion de rappeler l’importance de la vaccination contre le HPV. Il s’agit d’une mesure de prévention primaire indissociable du dépistage. Lorsqu’elle est effectuée avant le début de la vie sexuelle, la protection assurée par le vaccin est proche de 100 %. Elle permet d’éviter jusqu’à 90 % des infections à HPV responsables de cancers ou de lésions précancéreuses.
En France, la vaccination est recommandée pour toutes les filles et tous les garçons dès 11 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 14 ans. Depuis septembre 2023, une campagne de vaccination dans les collèges permet de proposer le vaccin directement aux élèves de 5ème, avec l’accord préalable des parents ou tuteurs.
Depuis le 13 mai 2025, la vaccination contre le HPV est également accessible en rattrapage jusqu’à 26 ans (contre 19 ans auparavant) pour les garçons et les filles.
La vaccination peut être réalisée par un médecin, un pharmacien, une sage-femme ou un infirmier, à partir de 11 ans, sans prescription médicale préalable.
Vaccination et dépistage ne s’excluent pas : ils se complètent. Être vacciné ne dispense pas de se faire dépister régulièrement.
Le rôle des agents publics
La CPAM de Paris a lancé en 2025 une campagne intitulée « Préserve ta santé, suis le rythme du dépistage ! », rappelant que la fréquence du dépistage évolue selon l’âge. Dans le même esprit, l’ARS Nouvelle-Aquitaine concentre ses efforts sur l’accessibilité du dépistage pour toutes les femmes éligibles, en mobilisant notamment les maisons de santé, les établissements médico-sociaux et les équipes dédiées aux populations précaires.
En tant qu’agents hospitaliers ou territoriaux, vous pouvez avoir un rôle central à jouer dans cette dynamique. Informés, vous pouvez relayer les messages de prévention auprès des usagers, orienter vers les bons interlocuteurs et contribuer à faire reculer les tabous qui freinent encore trop souvent le recours au dépistage ou à la vaccination.
En ce mois de juin, chaque agent peut devenir un relai de la chaîne de prévention.
Ce qu’il faut retenir :
- Juin Vert, c’est chaque année en juin et c’est le moment idéal pour prendre un rendez-vous pour un dépistage ;
- 90 % des cancers du col de l’utérus sont évitables grâce à la vaccination et au dépistage combinés ;
- Le dépistage concerne toutes les femmes de 25 à 65 ans, tous les 3 à 5 ans selon l’âge (vaccinées ou non) et est pris en charge à 100 % ;
- La vaccination HPV est recommandée dès 11 ans et possible en rattrapage jusqu’à 26 ans depuis mai 2025, sans ordonnance ;
- L’auto-prélèvement HPV à domicile est désormais disponible pour faciliter l’accès au dépistage ;
- Les hommes sont aussi concernés : le HPV peut provoquer des cancers ORL, du pénis et de l’anus.
Sources :
Haute Autorité de Santé (HAS) ; Institut National du Cancer (INCa) ; Assurance Maladie ; ARS Nouvelle-Aquitaine ; CPAM de Paris ; Onco-Nouvelle-Aquitaine
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